• Le co-dodo

    Le co-dodo.

    Dormir avec son nouveau-né contre soi, sentir son souffle chaud, sa peau douce, quoi de plus naturel Cette pratique vantée par certains et décriée par d'autres devient un tel sujet de polémique qu'on lui attribué un nom : le cododo.

     

    Le cododo, plus courant qu'on ne le croit

    Cette pratique du cododo, il suffit d'en parler autour de soi pour se rendre compte que les parents ont du mal à y résister.

    Ainsi que l’indique Nathalie Roques dans Le Sommeil partagé (Ed. L’Harmattan) : «Il est dans nos pays une problématique du sommeil de l’enfant qui n’existe pas dans le reste du monde ; le sommeil de bébé n’est tout simplement pas vécu comme un problème.»

    Au Japon, les enfants dorment traditionnellement avec leur mère jusqu’à l’âge d’environ 3 ans. En Chine, le sommeil partagé est la norme, ainsi qu’en Océanie, en Asie, en Afrique. Oui mais ici, le seul énoncé des parents qui dorment avec leur bébé fait bondir nombre de pédopsychiatres, de psychanalystes et même de pédiatres !

    Alors faut-il bannir le cododo ou le pratiquer avec sagesse ? Suivez nos conseils !

    La pratique du co-dodo, du sommeil parents-enfants est très ancienne. Sa disparition, malgré les apparences, ne remonte qu’à 150 ans, pas davantage.

    Jusqu’au XIXe siècle, les enfants partageaient le lit de leurs parents, ou en tout cas ne dormaient pas seuls. Pour des raisons de place, mais aussi de chaleur, de sécurité, d’allaitement, de commodité, la famille, le groupe dormait ensemble. Dans le courant du XIXe, de nouvelles normes apparaissent, puissantes : l’Eglise, la médecine, la psychanalyse, les changements économiques s’en mêlent.

     

     

    La sexualité s'immisce dans le débat

    Il faut la contrôler et le lit conjugal en devient le lieu privilégié. Les enfants doivent donc être maintenus à distance. A cette vision nouvelle, s’ajoutent les avancées médicales, les découvertes à propos de la contagion, l’hygiénisme... Enfin, la psychanalyse renforce cette vision des relations parents-enfants, la sexualité parentale devient taboue. L’enfant ne doit pas assister à la «scène primitive».

    Pour être conforme, le petit d’homme doit apprendre à dormir seul. Mais cette obligation n’est pas scientifiquement justifiée et, jusqu’à présent, rien ne prouve que la proximité parents-enfants durant la nuit provoque de gros dégâts psychiques.

    Le sommeil des enfants est une préoccupation permanente : un bébé qui dort mal ou peu, qui pleure la nuit, appelle..., perturbe non seulement le sommeil de ses parents au premier chef, mais aussi celui de toute la famille.

     

    L'angoisse de la nuit

    La nuit représente un moment éprouvant, qui équivaut à la disparition du monde."Les enfants n’ont pas encore acquis la confiance en eux nécessaire pour s’abandonner, explique le psychiatre Boris Cyrulnik. La séparation du soir est l’équivalent d’un abandon et cela, dès la naissance." Les enfants éprouvent donc le besoin d'une présence, d’être rassurés, de sentir que leurs parents (ou une autre personne) ne sont pas loin.

     

    Pourquoi bébé dort mal ?

    Tous les enfants connaissent des difficultés de sommeil, à un moment ou à un autre. En effet, leurs besoins et leur apprentissage de la vie (et donc celui qu'il faut dormir la nuit !) sont en perpétuelle évolution. De plus, leur système nerveux n’est pas encore mature, et leur rythme de sommeil est différent de celui des adultes, surtout chez les plus petits.

     

    Quand la maman allaite

    L’allaitement favorise la proximité mère-bébé, déjà forte avec le nouveau-né. Le bébé ne fait pas encore ses nuits et les tétées nocturnes débouchent assez naturellement vers le sommeil partagé.

    Plutôt que de devoir s'extirper du lit une ou deux fois par nuit, certaines préfèrent placer le berceau à côté d'elles, voire dormir avec bébé. Pas besoin de se lever, il suffit, à moitié endormie, de tendre la main pour approcher le bébé du sein et tout le monde se rendort.

     

     

    Quand bébé angoisse

    La nuit fait peur. Le besoin de rassurance exprimé avec force par les enfants engage les parents à répondre selon les conseils du pédiatre en se levant, sans réveiller complètement l’enfant, sans le prendre dans les bras, en restant à proximité, lui parlant pour lui expliquer etc. jusqu’au rendormissement... ou pas.

     

     

    Quand les parents craquent

    Lorsque la situation perdure, que les réveils sont fréquents, les parents ne récupèrent plus et finissent par «craquer» et prendre le bébé dans leur lit. Mais ils le font avec culpabilité, angoisse et dans le déni de la situation afin de se conformer à un idéal social et culturel d’enfant «qui fait ses nuits».

     

    Le cododo qui rassure tout le monde

    Aujourd'hui, on tend à reconnaître au sommeil partagé une véritable fonction de sécurisation pour l’enfant mais aussi pour les parents ; surtout la mère, qui «sent» son enfant et peut répondre rapidement à ses besoins, sans devoir s’arracher au sommeil.

    Le Professeur Jean Messer, du CHU de Strasbourg, pense que le berceau dans la chambre de papa-maman les six premiers mois de la vie, voire la première année, est une bonne chose, car il a «un effet rassurant sur l’enfant et sur les parents».

    Faire une place aux enfants dans le lit parental ne serait donc pas une catastrophe psychologiquement parlant (les pros soufflent le chaud et le froid), et pourrait se révéler une solution. Cependant attention à la sécurité !

     

    Le cododo en toute quiétude

     

    Voici quelques gestes simples à adopter :

    - pas de sommeil partagé si vous fumez ;

    - pas de pièce trop chauffée ;

    - pas de lit trop haut ;

    - posez un matelas à proximité du lit pour parer toute chute ;

    - supprimez les oreillers ;

    - pensez au lit «side-car» (collé contre le lit parental, barrière abaissée de votre côté) ;

    - pas de bébé dans son lit en cas d’alcool et/ou de somnifères (risque d'étouffement, de chute).

     

    Comment s’aimer quand on a un petit dans le lit ?

    Selon les parents qui pratiquent le sommeil partagé, la sexualité s’exprime ailleurs et à d’autres moments. Encore faut-il en êter conscient.

    La situation n’est pas la même si elle est subie : on tolère la présence de l’enfant en espérant qu’elle n’aura qu’un temps. Bref, on attend de «revenir» à la normale, bébé dans son lit, les parents chez eux.

    Attention quand le cododo est mal vécu, ayez conscience que le plus souvent ce sont les pères qui se sentent rejetés, en marge (du lit ?).

     

    Exprimez-vous, discutez le sujet dans le couple

    Il est plus simple de dire "je ne veux pas, je ne suis pas d’accord" et de s’expliquer, plutôt que de suggérer ou supplier que bébé regagne son lit.

    En acceptant l’enfant dans leur lit, les parents doivent trouver l’imagination pour s’aimer dans d’autres lieux et penser à s’évader en couple de temps en temps en confiant le petit «pot de colle» à Mamy et Papy, par exemple.

     

    Jusqu'à quel âge pratiquer le co-dodo ?

    Les petits humains sont des petits primates : en tant que tels, leur besoin de sécurité nocturne coïncide le plus souvent avec la fin de la période d’allaitement, c’est-à-dire parfois jusqu'à la 3e année !

    En dépit de l'allaitement, il y a fort à parier que l’entrée à l’école maternelle signe la fin du sommeil partagé et que l’enfant regagne volontiers sa chambre.

    Des pédiatres et des psy estiment que les dangers du sommeil partagé ne sont pas avérés. Pour Boris Cyrulnik «le corps à corps sécurise l’enfant. Il l’aide à se construire, même durant le sommeil. Très vite, l’enfant qui pleure et qu’on laisse pleurer apprendra à se taire».

    Il est bon de préparer l'enfant à dormir seul : utiliser au moins la chambre de l’enfant pour les siestes et le jeu, ne jamais utiliser le lit comme une punition.

    Puis, quand il regagne son lit, laisser de la lumière, ou alors porter l’enfant dans son lit durant la nuit afin qu’il s’y réveille.

    Bref, il faut associer la chambre à des moments agréables, à la lecture, aux câlins, qui sont autant de facteurs qui doivent aider le petit à aimer son espace et son lit.

    Et puis surtout, ne vous sentez pas coupable si vous «cédez» et si vous dormez avec votre enfant : c’est ce sentiment qui peut être perturbant. Si sommeil et repos familiaux passent par là, alors, faites-le !

    Il est plus important pour un enfant d’avoir des parents détendus et en forme, que de les sentir exaspérés et fatigués.

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